Première partie.
Trés tôt le jeune Arthur, élève brillant, se
passionne pour la littérature et la poésie. Rapidement, il
imite ses ainés puis, lassé, commence a envisager une
nouvelle approche poétique.
Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 à Charleville, dans les Ardennes. Son père, Frédéric Rimbaud est capitaine d'infanterie et sa mère, Vitalie Cuif, est la fille de propriétaire ruraux de Roche, prés de Charleville. Ils se marient en 1853 et donnent naissance à leur premier fils Frédéric, le frère aîné d'Arthur, puis naîtront ses soeurs Vitalie en 1858, et Isabelle en 1860, ainsi qu'une autre fille née en 1857 qui mourra en bas-age. Leur père quitte définitivement le domicile conjugal lorsque Arthur a six ans. Blessée, sa femme se fait désormais appeler "Madame Veuve Rimbaud". Drapée dans le deuil et le devoir elle donne à ses quatre enfants une éducation sévère et rigide ainsi qu'une stricte discipline religieuse. Le jeune Arthur va rapidement étouffer dans cette ambiance familliale et aura de plus en plus de ressentiments envers sa mère qu'il affublera plus tard dans ses poèmes et sa correspondance de "doux" noms tel que: la Sorcière, la Vampire, la mère Rimbe, la Daromphe. Pourtant c'est vers elle qu'il se tournera dans les moments difficiles de sa vie.
Dés l'age de huit ans Arthur fréquente l'Institut Rossat puis,
en 1865, il entre au Collège de Charleville, où il rencontre
Ernest Delahaye, qui restera
son ami de toujours.
Elève brillant, Rimbaud rafle tous les prix et se fait rapidement
remarquer pour son aisance dans le maniement du langage. Il enverra en 1868
des vers latins au Prince Impérial à l'occasion de sa
première communion.
Ses composition latine Ver Erat, Jamque novus (L'Ange et
l'Enfant), et Jugutha
sont publiés dans le "Bulletin de l'académie de
Douai" en 1869, un an plus tard Les Etrennes des
Orphelins, une de ses première poésie en vers
français, paraît dans "La Revue pour tous".
En janvier 1870, la rencontre avec
Georges Izambard son nouveau
professeur de rhétorique, va être déterminante pour Rimbaud
qui sympathise rapidement avec ce jeune enseignant de vingt deux ans. Izambard
lui fait découvrire les poètes parnassien et lui ouvre sa
bibliothèque personnelle. Mme Rimbaud ne voit pas d'un trés
bon oeil cette amitié et pense que certains ouvrages comme
Les Misérables de
Victor Hugo, peuvent avoir une
mauvaise influence sur son fils.
Le 24 mai 1870, dans l'espoir d'être publié dans
le Parnasse contemporain,
Arthur envoie à
Théodore de Banville :
Sensation,
Ophélie et
Credo in Unam (première version de Soleil
et Chair), mais n'obtient pas de réponse favorable, l'année
suivante il enverra à Banville l'impertinent:
Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs.
Lorsqu'en juillet la France entre en guerre avec la Prusse, les Ardennes sont en état de siège. Privé de journaux et de livres que les libraires ne reçoivent plus, Arthur s'ennuie ferme dans sa ville qu'il juge: "supérieurement idiote entre toutes les petites villes de province".
Le 29 Août, Arthur fugue une première fois et gagne Paris où il est arrêté à sa descente de train, sans billet ni argent, et incarcéré à la prison de Mazas. Libéré sur l'intervention d'Izambard, il s'en va passer une quinzaine de jours à Douai, chez les vieilles tantes de son professeur, les demoiselles Gindre où il commence à recopier ses poèmes. Tout juste rentré à Charleville (le 25 septembre), Arthur s'enfuit à nouveau le 7 octobre, à pied cette fois, jusqu'à Charleroi puis Bruxelles avant de revenir chez les demoiselles Gindre à Douai. Là, il termine de recopier ses poèmes à l'intention de Paul Demeny, un jeune poète que lui a présenté Izambard et qui vient d'être publié. Le 1er novembre, sa mère le fait ramener de force au domicile par la police. L'école étant fermée, Arthur mène, fin 1870, une vie d'oisiveté et de lectures interrompues par de longues balades avec son ami Delahaye. Le 25 février 1871, il s'enfuit de nouveau à Paris, mais n'ayant pas un sou en poche il finit par rentrer à pied à Charleville le 10 mars.
La Commune est proclamée le 18 mars à Paris. Arthur prend parti
pour les insurgés et écrit quelques poèmes "communard"
comme Chant de Guerre Parisien, Les Mains de Jeanne-Marie,
Paris se repeuple, cependant on ignore encore aujourd'hui si Rimbaud a
réellement participé à la Commune. Certains biographes
pensent qu'il s'est engagé dans les corps-francs et a
séjourné à la caserne de Babylone (ou il aurait
été victime de violences intimes ?), toutefois, sa correspondance
laisse plutôt penser que son désir de participer aux
évènements n'a pas pu se réaliser: "...les
colères folles me poussent vers la bataille de Paris, où
tant de travailleurs meurent pourtant encore tandis que je vous
écris ! Travailler maintenant, jamais, jamais, je suis en
grève.".
Quoi qu'il en soit, c'est un Rimbaud révolté et anarchiste
qui envoi de Charleville le 13 et 15 mai les fameuses
lettres dites" du Voyant ",
la première est adressée à Georges Izambard et la
seconde à Paul Demeny. Dans ces deux lettres Rimbaud expose son
programme poétique à savoir "...un long et raisonné
dérèglement de tous les sens.", étape par laquelle
le poète doit passer pour accéder à l'inconnu et trouver
du nouveau. A Charleville, Rimbaud qui travaille à se
"rendre voyant", boit, s'encanaille et scandalise son entourage.